Air Club Adour à récemment fait l’acquisition d’un système complet de télémesure pour notre activité de planeurs. Il s’agit en effet du tout nouveau alti-vario de ELV electronik le VAM / VAT 300 qui remplace dorénavant le modèle 200.

J’avais vu fonctionner l’ancien modèle sur les terrains et notre ami Alain ROUMIGUERES de Toulouse en avait fait l’essai sur le site de Pierre RONDEL. http://www.planet-soaring.com

Intrigués par ce matériel et d’un commun accord  du club, nous avons commandé chez Guindeuil Allemagne un modèle nouveau et beaucoup plus complet que le précédent.

Celui-ci permet les fonctions suivantes :

Altimètre avec pas de 1 m avec alarme programmable

Variomètre  acoustique avec pas de 1 m/s

Indications acoustiques de variations d’altitude (tous les 10 m)

Chronomètre avec alarme programmable

Surveillance de la batterie de réception à bord du modèle (indication en clair de la tension de l’accu)

Température intérieure (dans le modèle) avec alarme programmable

Température extérieure (par sonde) avec alarme programmable

En option et nous l’avons pris :

Capteur de vitesse (badin)

L’ensemble est composé d’un émetteur de la taille d’une petite boite d’allumettes et d’un poids de 28 gr avec la sonde de température composée d’un mètre de fil noir. Il se connecte par un cordon servo sur une voie libre du récepteur.

Les paramètres sont retransmis sur un récepteur de la taille d’un talkie-walkie avec un grand écran LCD et des touches de fonctions.

Le capteur de vitesse d’un poids de 20 gr quant à lui est plus petit qu’une boite d’allumettes et se branche sur l’émetteur VAT 300 à bord du modèle par une broche.

Ce nouveau modèle est beaucoup plus complet que l’ancien VAM 200 et offre de nouveaux paramètres. Il possède en outre l’avantage par rapport à son prédécesseur de pouvoir émettre sur 4 canaux différents (1 seul pour l’ancien) on peut en utiliser 4 simultanément sur chaque terrain.

La notice n’est malheureusement disponible qu’en allemand mais même pour les gens comme moi qui ne maîtrisent pas encore la langue il est très facile d’utilisation surtout après avoir lu ces commentaires.

Après avoir ouvert les boites et pris connaissance du matériel c’est Louis avec son planeur « Darling » qui fut nominé pour tester tout ça.

L’installation à bord d’un planeur de plus de 2 mètres ne pose aucun problème tant l’émetteur est miniaturisé. Il faut simplement prendre soin de le protéger dans de la mousse et le loger dans le fond du modèle à peu prés derrière le récepteur, le connecter sur une prise libre de celui-ci. Il ne présente aucun problème de parasitage même à coté du récepteur. La fréquence d’émission se situe dans la bande des 433,92 MHZ.

A noter qu’aucune antenne ne sort, il n’y a que le capteur de température à faire sortir du fuselage et scotcher sur le côté. Pour ce premier essai, nous n’avons pas installé le capteur de vitesse, on verra plus tard il y a déjà là pas mal matière de s’occuper.

On peut envisager d’installer ce matériel dans tout planeur à partir d’une envergure d’1,80 m si toutefois le fuselage ne ressemble pas à un suppositoire. Avec la masse supplémentaire  qu’il représente l’ensemble ne grèvera pas beaucoup la charge alaire.

Donc voila le planeur de Louis équipé, vérifié, radio allumée et accroché derrière le super bison de Robert.

L’appareil n’est pas programmé avec les alarmes l’altimètre affiche 1 m et le vario est réglé sur BOTH.

L’adjudant chef Sylvain s’occupera de l’alti et moi je remorquerai et après le posé de l’avion je ferai les photos.

Les autres regarderont et commenterons la manœuvre.

Au « top » de l’adjudant chef  c’est parti pour une première montée. Tout de suite le bazar se met à sonner en continu aigue et l’adjudant confirme que les mètres défilent.

Il faut dire que le planeur de Louis derrière le super bison avec le 30 cc ça donne plus d’1m/s donc ça sonne en continu jusqu’à 400 m altitude décidée pour le largage. Avec tant d’eau dessous, le temps calme mais peut être pas beaucoup de thermiques, Louis en a pour 20 mn de vol sans chercher à gagner d’altitude, donc on va pouvoir étudier tout ça de prés.

Après le largage silence total ; le chrono a été enclenché mais louis l’a aussi sur son émetteur et c’est mieux car on ne peut afficher qu’un seul paramètre à la fois sur l’écran LCD et le temps de vol c’est pour le moment secondaire. On remarque que le planeur ne perd pas beaucoup d’altitude et de ce fait le vario ne sonne pas. Comme il ne monte pas non plus c’est le calme plat du coté du vario. Il suffit de contrôler sur l’écran LCD que le planeur ne perd pas plus d’1m/s. Les mètres d’altitude défilent les uns après les autres et tous les 10 mètres perdus 2 bips se font entendre.

On remarque tout de suite qu’il faudra s’habituer aux signaux acoustique que l’appareil va nous faire entendre ce qui est loin d’être évident dans les premiers temps d’utilisation.

En effet toutes les alarmes sonores si elles sont programmées déclenchent une série de « bips » graves et aigus différents selon l’alarme qui se déclenche.

Rien que pour la fonction vario (si elle est réglée sur BOTH) on peut entendre un son continu grave si l’on descend de + d’1m/s ; 1 son continu  aigu si l’on monte de + d’1 m/s ;

2 bips (1 grave et 1 aigu) si on monte de + de  10m

2 bips (1 aigu et 1 grave) si on perd + de 10 m

Sans compter que si on a prévu des alarmes d’altitude, de dépassement de vitesse, de température ou de chrono (tout est programmable) 

Ca fait beaucoup de musique d’ambiance et très vite on ne sait plus qui sonne quoi !

Je pense qu’il faut au début tout au moins se limiter à 1 ou 2 effets acoustiques de façon à pouvoir interpréter et comprendre les indications que le système nous retransmet. Chacun pourra à sa convenance programmer l’appareil selon ses besoins ou les paramètres qu’il souhaite surveiller.

Revenons au planeur de Louis qui ne trouve pas de thermique en ce samedi de début novembre et qui inexorablement se rapproche du sol…

Une pression sur la touche « Temperatur » nous informe qu’à 300 m il fait 8,5 °C de température extérieure alors que la température au sol était de 16 °C. On utilisera certainement cette fonction plus tard avec une alarme de température programmée pour détecter les zones d’air chaud !!!

La température à l’intérieur du modèle est de 12° ???  Je ne vois pas trop sur le moment l’intérêt de cette mesure mais bon au cas ou tout prendrait feu à bord on peut programmer une alarme !!!!.....

Sans pouvoir les valider, les mesures d’altitude de variation d’altitude nous paraissent cohérentes et précises l’alti étant étalonné mètre par mètres on peut connaître l’altitude exacte, pour le vario j’aurais préféré pouvoir calibrer la sensibilité autre que 1m/s  (en + ou en -) ainsi que j’aurais également préféré un son continu pour descente et un son hachuré pour montée plus parlant selon moi mais bon c’est déjà bien comme ça.

Au chapitre des regrets en ce qui concerne le son du vario il est linéaire ce qui ne permet pas de savoir de quelle valeur on monte ou bien on descend.

Une pression sur la touche « spannung » nous renseigne immédiatement sur la tension de l’accu de réception à bord du planeur et en chiffres clairs SVP et au 1/100ème de volt. Voila une mesure qu’elle est intéressante n’est il pas ? On peut connaître à tout moment ce qu’il reste dans la batterie et combien consomment les servo !!!

On demande à Louis de pousser un peu manière d’apprécier la réponse du vario en négatif continu. Bon ça fonctionne et le son continu grave se fait entendre. Sur la ressource le son passe en aigu après quelques secondes d’hésitation puis calme plat en haut tout ceci entrecoupé des « bip bip » tous les 10 mètres.

Durant la prise de terrain le son grave est en continu jusqu’à l’arrondi final donc Louis descend de + de 1m/s….

Pour conclure ce vol d’essai : 

L’installation du capteur émetteur dans les modèles prend seulement 5 minutes (dans la mesure où il y a un peu de place)

Le système fonctionne parfaitement, Nous n’avons connu aucun problème de portée (nous sommes restés pour le moment dans les données constructeur à – de 500 mètres) on verra plus tard la portée réelle du système

Les valeurs affichées semblent fiables, aucune mesure ne nous a paru incohérente.

Louis est content de connaître son altitude de largage de 400 m (une polémique s’était instaurée sur le terrain de connaître à quelle altitude on volait) en on va très haut sans le savoir…

On a validé qu’il fait froid quand on monte (qui en aurait douté ?)et que la batterie de Louis tient bien la charge.

Partant de là chacun jugera l’opportunité d’utilité de ce système.

Pour ce vol, le capteur de vitesse n’a pas été monté

Le lendemain : tu me le refais avec un modèle différent.

La polyvalence du système est telle qu’il ne pas fallu plus de 10 minutes pour équiper mon PEDRO Graupner y compris du capteur de vitesse. Du fait que le modèle soit un moto-planeur électrique équipé d’un variateur et d’un BEC il y a présence de fort courant de décharge à proximité du capteur. On va pouvoir tester la compatibilité.

Le capteur de télémesure est plaqué au fond du fuselage, emballé dans un bloc de mousse, le capteur de vitesse est connecté et posé dessus. Un bout de durit silicone est passé sur le coté de la verrière et achemine l’air extérieur au capteur

Mise en route du système et premier problème : L’afficheur LCD indique une vitesse de 25 à 40 km/h planeur posé immobile sur le sol et sans vent ????

Lorsque je retire la verrière a la vitesse retombe à  zéro ?????

Deuxième problème : On enregistre quelques tops sur les servo, rien de très méchant mais méfiance tout de même avec toute cette électricité à bord…

On décide toutefois de  voler. Le système BEC alimente le récepteur avec un tension de 5 V au début du vol (c’est inscrit sur l’afficheur) et on verra à la coupure du moteur de combien est la tension. Pour info, je vole avec un accu de 7 éléments 1900 ma NICD.

Première montée poussée à 200 m (contrôle à l’alti) le taux de montée est supérieur à 1m/s car le vario n’arrête pas de couiner. On constate quelques tops sur le fonctionnement du moteur mais c’est tout.

Au niveau vitesse de vol les données semblent cohérentes +- 40 km/m et ça augmente jusque 60 km/h lorsque je mets en léger piqué. (le Pédro ne vole pas très vite du fait de son profil épais et n’accélère pas beaucoup).

J’avais réglé pour voir une alarme à 25 km/h. Elle sonne (série de bips) lorsque je passe en dessous et résonne lors je dépasse 25 km/h. En plus des bips d’altitude tous les 10m il est quasiment impossible de s’y retrouver.

Il faudra faire très attention avec les programmations d’alarme, 1 seule suffit autrement je mets au défi quiconque de me trouver l’info acoustique envoyée par le système…

Le vol se termine sans interférence sur la radio mais j’émets quelques doutes sur la fonction vitesse (à cause de la remise à zéro) l’afficheur indique toujours une vitesse résiduelle entre 15 et 40 km/h. Il se pourrait que le système n’aime pas la proximité du variateur à découpage de courant.

Une remarque : En fin de décharge de l’accu de propulsion (prés de la coupure du BEC) la tension d’alimentation du récepteur tombe à 3,8 V (donc gare) mais remonte dés que le BEC à coupé le moteur.

Essai suivant :

Pour tester de nouveau le capteur de vitesse :

Montage de l’ensemble VAT 300 et capteur de vitesse sur mon ULTRA-FLY de Graupner ; moto-planeur électrique de 2,5 mètre d’envergure et essai radio  avant le lancer. L’émetteur VAT 300  est encore placé à coté du variateur. Dés la connexion de l’accu de propulsion, BEC là aussi, de nombreux tops radio et mise en marche moteur sans ordre de ma part vont nous faire renoncer à cet essai surtout que tout rentre dans l’ordre dés que l’on débranche le système. Pas de prise de risque de tout casser.           

Pour éviter ce genre de désagrément ou risquer un crash, le système ne sera dorénavant monté que sur des planeurs purs.

Le capteur de vitesse va être testé en roulant sur la piste en voiture, vitre ouverte, le capteur  est tenu à la main durit de prise de vitesse vers l’avant. La piste est longue de 600 m donc on va pouvoir rouler au moins à 90 km/h. Aucun  problème les vitesses s’affichent sur l’écran LCD et contrôlées avec le tachymètre de la voiture qui est lui à aiguille. Sans pouvoir valider les vitesses au km/h prés, celles-ci correspondent tout à fait. Nous n’avons pas poussé le test à plus de 90 km/h, mais le capteur et l’afficheur vont jusqu’à 1000. (donc de quoi tester des vitesses supersoniques) .

Remarque : à l’arrêt de la voiture, la vitesse retombe à 0 si l’on tient le capteur dehors. Si on le rentre à l’intérieur avant l’arrêt complet, il ne sait plus ou il habite et affiche des vitesses résiduelles.        

CONCLUSION ET REMARQUES :

Ce système parait d’une grande précision dans les données relatées et conforme aux performances annoncées ; toutefois il ne faut pas lui demander de faire ce pourquoi il n’a pas été prévu.

Par rapport à la version 100/200 il offre en plus des fonctions supplémentaire au niveau du vario, les mesures de température, l’émission sur 4 canaux différents et la fonction vitesse.

Il nous a été livré complet et rendu pour la somme de 185 €. 

Chacun jugera de l’opportunité de l’achat de ce matériel  en fonction de ses besoins. En ce qui nous concerne, il appartient au club et donc à la disposition de qui souhaite s’en servir.

Il est possible de connaître le taux de chute d’un planeur pas temps neutre avec cet appareil il suffit de mesurer la perte d’altitude dans un temps donné. A l’aide du capteur vitesse on peut se rendre compte de la vitesse d’un modèle entre 2 bases par exemple; ces informations peuvent permettre d’évaluer les performances d’un planeur de durée/vitesse ou d’un F3B.

 Remarque : comme cité plus haut un vario avec son continu et hachuré et tonalité croissante ou décroissant serait le bienvenu.

Philippe ROUCAYROL     

 

 

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